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Expo "À fleur de peau"

Date:

23/11/AM


Expo

Angela Ghezzi, commissaire de l'exposition, a invité six artistes italiens à réfléchir sur le corps : sa perception, sa place face aux enjeux du monde moderne et son interaction avec la société contemporaine, mais aussi son dépassement avec la dimension spirituelle qui rejoint l’extase en art. De la sublimation érotique de Marco Cornini à l’élévation sacrée de Salvatore Alessi, en passant par l’expression du désir chez Daniele Galliano et Leo Ragno, jusqu’au regard plus méditatif et réflexif de Samantha Torrisi et d’Alessandra Maio.

La dimension charnelle est abordée de façon plus littérale par Marco Cornini, avec ses sculptures de femmes en fleur épanouies. On sent comme un tremblement dans l’usage de la terre cuite qui contribue à exprimer l’intensité sensuelle en soulignant les beautés somptueuses de ses modèles féminins. Seules ou surprises pendant l’acte amoureux, elles expriment toujours l’affirmation d’une volonté de liberté et donc de résistance face aux caricatures souvent restrictives ancrées dans l’imaginaire ou l’inconscient masculin.

D’une vision presque hyperréaliste on glisse, avec Leo Ragno, dans une dimension plus éthérée. Ses oeuvres nous parlent du souvenir et de son partiel effacement, que les camaïeux de roses évoquent avec une justesse particulière. Couleur de l’enfance lorsqu’il est clair, le rose se charge d’une tonalité plus érotique en devenant plus intense. Une grande liberté est laissée au regardeur de par la discrétion de l’image mais cet art délicat nous laisse comme un devoir de douceur, de patience et même de juste lenteur dans nos relations humaines et amoureuses.

Avec Daniele Galliano, le corps, objet de désir et d’expression de la sexualité, est isolé. L’énergie charnelle y est autant présente et comme une porte ouverte sur un univers amoureux triomphant de la solitude. Cette dernière, que l’on pouvait déjà déceler chez Leo Ragno et qui est tout aussi présente chez Samantha Torrisi, est clairement un fil conducteur chez Daniele, et ce, aussi bien dans ses nus aux cadrages cinématographiques que, étonnement, dans ses représentations de foules en pleine baignade.

Samantha Torrisi nous fait basculer dans un monde plus intérieur, plus réflexif et méditatif. Ses toiles somptueuses et silencieuses introduisent de façon presque paradoxale une perspective d’espoir. On a quitté les plaisirs de la chair pour penser l’individu dans le monde. Le brouillard lui-même suggère, à l’intérieur de ses paysages, les directions à prendre, les chemins possibles. Le corps de l’homme immergé dans chaque oeuvre peut être le lieu d’une épiphanie, grâce au contact joyeux avec la nature qui l’ouvre à la construction d’espérances et d’avenirs possibles.

La logique nous imposait de franchir encore une étape dans ce cheminement et ce, grâce au travail de Salvatore Alessi : il nous engage à laisser fleurir en nous le sacré. Pour cela, il s’approprie les fonds d’or qui ont été pendant plusieurs siècles l’emblème du divin, l’incarnation de la lumière absolue et la matérialisation d’un espace hors du temps humain. Mais Salvatore est aussi très conscient des désordres de notre époque et l’entrelacs des corps exaltés pris dans un mouvement ascensionnel traduit sa réflexion et ce besoin d’un retour au sacré.

Quant à elle, Alessandra Maio ne cherche pas à nous guider vers l’éblouissement et l’extase sacrée, mais à renverser le diktat de la perfection qui s’impose et qui écrase, et tout particulièrement celui concernant le corps féminin. Alessandra nous propose d’accepter la beauté des irrégularités et autres accidents pouvant affecter la peau d’une femme. Elle va plus loin en associant à chacune de ses oeuvres une phrase poétique qui nous conduit à penser que la peau peut presque être un organe de l’esprit et travailler à son côté avant même que l’intellect n’entre en jeu. Une autre manière de fleurir.

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Salvatore Alessi, Comme le ciel, ainsi soit la terre I (dettaglio), 2022, huile sur toile et feuilles d'or, 130×100 cm © Federico Tomasi

Informations

Date: DE Mer 23 Nov 2022 à Ven 27 Jan 2023

Entrée : Libre


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