﻿{"id":16997,"date":"2025-11-05T13:37:18","date_gmt":"2025-11-05T12:37:18","guid":{"rendered":"https:\/\/iicparigi.esteri.it\/?page_id=16997"},"modified":"2025-11-05T13:49:18","modified_gmt":"2025-11-05T12:49:18","slug":"settembre-roberto-alajmo","status":"publish","type":"page","link":"https:\/\/iicparigi.esteri.it\/fr\/chi-siamo\/la-sede\/residenze-artistiche\/2025-2\/settembre-roberto-alajmo\/","title":{"rendered":"Septembre: Roberto Alajmo"},"content":{"rendered":"<p><strong>Entre Palerme et Paris : le m\u00e9tier de la m\u00e9moire de Roberto Alajmo<\/strong><\/p>\n<p>Paris le conquiert imm\u00e9diatement, mais pas par amour. \u00ab Je l&rsquo;aime beaucoup. L&rsquo;amour, c&rsquo;est autre chose \u00bb, avoue-t-il avec un sourire qui trahit la nostalgie et le d\u00e9tachement. Ce n&rsquo;est pas non plus pour Palerme. \u00ab Nous nous sommes s\u00e9par\u00e9s. Non, l&rsquo;amour, c&rsquo;est pour une ville plus lumineuse, au niveau m\u00eame de la lumi\u00e8re \u00bb.<\/p>\n<p>Et Paris, raconte-t-il, <strong>c&rsquo;est tout cela : le summum du romantisme, le summum de l&rsquo;intelligence<\/strong>. C&rsquo;est une ville qui sait vivre en \u00e9quilibre, et ceux qui, comme lui, sont n\u00e9s sous la lumi\u00e8re intense de la M\u00e9diterran\u00e9e le per\u00e7oivent imm\u00e9diatement. \u00ab Venir de la M\u00e9diterran\u00e9e pour s&rsquo;installer \u00e0 Paris, c&rsquo;est comme devenir aveugle. C&rsquo;est plus difficile \u00e0 accepter \u00bb.<\/p>\n<p>Mais ce n&rsquo;est pas seulement la lumi\u00e8re qui le s\u00e9duit. C&rsquo;est la promenade, l&rsquo;homog\u00e9n\u00e9it\u00e9 des b\u00e2timents, la capacit\u00e9 des Fran\u00e7ais \u00e0 intervenir dans la ville sans se laisser paralyser par le respect de l&rsquo;histoire. En Sicile, en revanche, c&rsquo;est l&rsquo;immobilisme qui domine : \u00ab L&rsquo;erreur peut exister. Le probl\u00e8me, c&rsquo;est quand on ne fait rien par peur de se tromper. <strong>C&rsquo;est \u00e7a, le sud. L'\u00a0\u00bbannacamento\u00a0\u00bb : le maximum de mouvement avec le minimum de d\u00e9placement<\/strong> \u00bb.<\/p>\n<p>Pourtant, malgr\u00e9 ses critiques, il ne quitte pas Palerme. \u00ab Apr\u00e8s plus de 60 ans, un m\u00e9canisme se met en place, comme dans certains mariages. O\u00f9 vais-je aller ? Que vais-je faire ? On pr\u00e9f\u00e8re rester l\u00e0 et se disputer \u00bb. La ville <strong>est une femme magnifique, mais maladroite, avec son maquillage d\u00e9fait le matin.<\/strong> \u00ab Magnifique, certes&#8230; mais le lendemain, le r\u00e9veil est tr\u00e8s difficile \u00bb, dit-il en riant am\u00e8rement, avant d&rsquo;ajouter, avec une pointe d&rsquo;affection : \u00ab Il y a la mer \u00e0 Mondello, qui aide \u00e0 temp\u00e9rer la chaleur estivale \u00bb.<\/p>\n<p>La vie dans le Sud, selon lui, est un paradoxe \u00e9ducatif : \u00ab La meilleure classe dirigeante du Sud de l&rsquo;Italie est expatri\u00e9e. Nous les \u00e9levons, nous les faisons \u00e9tudier, puis nous les envoyons \u00e0 l&rsquo;\u00e9tranger \u00bb. C&rsquo;est un mythe qui ressemble \u00e0 Superman : des enfants envoy\u00e9s loin, loin de leur plan\u00e8te natale, \u00e0 la recherche d&rsquo;un avenir que Palerme ne peut leur offrir.<\/p>\n<p>Le journalisme est son m\u00e9tier. Il commence \u00e0 \u00e9crire dans les journaux locaux, passe \u00e0 la RAI, et en 1992, il participe au \u00ab Comit\u00e9 des draps \u00bb, la r\u00e9volte civile qui a suivi les massacres de la mafia. Son premier livre, Un lenzuolo contro la mafia (Un drap contre la mafia), est n\u00e9 de cette exp\u00e9rience : une histoire de l&rsquo;antimafia racont\u00e9e sans rh\u00e9torique, qui marque le d\u00e9but d&rsquo;une longue carri\u00e8re.<\/p>\n<p>Et puis il y a le \u00ab <strong>r\u00e9pertoire des fous<\/strong> \u00bb de la ville, une exp\u00e9rience d&rsquo;\u00e9criture essentielle. \u00ab <strong>C&rsquo;\u00e9tait vraiment un exercice de style, ramener l&rsquo;\u00e9criture \u00e0 son degr\u00e9 z\u00e9ro<\/strong> \u00bb, raconte-t-il, sans piti\u00e9 ni ironie. En observant les fous de la rue et les plus cach\u00e9s, il recueille des histoires qui deviennent un portrait urbain, un guide insolite de Palerme, puis de Paris. Ici, avec une douzaine d&rsquo;\u00e9tudiants, il applique la m\u00eame m\u00e9thode : recueillir, raconter, r\u00e9duire les mots \u00e0 l&rsquo;essentiel.<\/p>\n<p>La m\u00e9moire est sa principale muse. \u00ab <strong>Je crois plus \u00e0 la m\u00e9moire qu&rsquo;\u00e0 l&rsquo;inspiration<\/strong>. L&rsquo;inspiration sert \u00e0 varier la m\u00e9moire, \u00e0 ne pas la rendre servilement identique \u00e0 elle-m\u00eame \u00bb. Les livres naissent d&rsquo;exp\u00e9riences v\u00e9cues, d&rsquo;histoires vraies, transfigur\u00e9es par l&rsquo;\u00e9criture pour restituer la r\u00e9alit\u00e9 sous forme narrative. <em><strong>Notizia del disastro<\/strong><\/em> en est un parfait exemple : des t\u00e9moignages authentiques qui deviennent un roman, car chaque voix raconte la m\u00eame histoire d&rsquo;une mani\u00e8re diff\u00e9rente.<\/p>\n<p>Entre Palerme et Paris, entre lumi\u00e8re et ombre, entre m\u00e9moire et \u00e9criture, son travail et sa vie \u00e9voluent. <strong>La recherche d&rsquo;une ville lumineuse, la passion pour le mot essentiel, la capacit\u00e9 d&rsquo;observer et de raconter : tels sont les fils invisibles qui relient chacune de ses exp\u00e9riences, chacun de ses livres, chacune de ses histoires<\/strong>.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"Entre Palerme et Paris : le m\u00e9tier de la m\u00e9moire de Roberto Alajmo Paris le conquiert imm\u00e9diatement, mais pas par amour. \u00ab Je l&rsquo;aime beaucoup. 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