﻿{"id":13609,"date":"2025-04-25T11:31:54","date_gmt":"2025-04-25T09:31:54","guid":{"rendered":"https:\/\/iicparigi.esteri.it\/?page_id=13609"},"modified":"2025-05-05T18:01:48","modified_gmt":"2025-05-05T16:01:48","slug":"avril","status":"publish","type":"page","link":"https:\/\/iicparigi.esteri.it\/fr\/chi-siamo\/la-sede\/residenze-artistiche\/2025-2\/avril\/","title":{"rendered":"Avril : Carlo Boccadoro"},"content":{"rendered":"<h3><strong>Carlo Boccadoro \/ Musique<\/strong><\/h3>\n<p>Dialogue con Th\u00e9a Romanello<\/p>\n<p><strong>Le parcours atypique de Carlo Boccadoro<\/strong>, <em>rencontre dans le jardin de l&rsquo;Institut Culturel Italien le 17 avril 2025<\/em><\/p>\n<p><em>Compositeur, pianiste, chef d&rsquo;orchestre, Carlo, qui se dit \u00ab rocker \u00bb d\u00e8s son plus jeune \u00e2ge, commence \u00e0 aimer le jazz gr\u00e2ce \u00e0 Giorgio Gaslini, son professeur au Conservatoire \u00ab G. Verdi \u00bb de Milan, o\u00f9 il est dipl\u00f4m\u00e9 en piano et instruments \u00e0 percussion. La musique classique et la direction d&rsquo;orchestre sont venues bien plus tard. La liste des collaborations avec des artistes de diff\u00e9rents horizons est tr\u00e8s longue et \u00ab Sentieri selvaggi \u00bb est le projet qui le voit impliqu\u00e9 dans la diffusion de la musique contemporaine depuis 1997.<\/em><br \/>\n<em>Il compose un adagio pour cordes en \u00e9coutant de la techno. \u00ab\u00a0J&rsquo;ai deux parties du cerveau compl\u00e8tement s\u00e9par\u00e9es, une partie d&rsquo;\u00e9coute qui n&rsquo;a aucune influence sur ce que j&rsquo;\u00e9cris et une partie de composition. Je n&rsquo;utilise pas le piano pour \u00e9crire, j&rsquo;\u00e9cris les partitions \u00e0 la main\u00a0\u00bb.<\/em><br \/>\n<em>Le silence ? \u00ab\u00a0C&rsquo;est une belle invention. Le silence fait peur aux gens parce qu&rsquo;ils sont oblig\u00e9s de penser \u00e0 eux-m\u00eames. Dans le silence, je suis tr\u00e8s \u00e0 l&rsquo;aise, comme tous les musiciens. Dans la musique, il n&rsquo;y a pas d&rsquo;images, ceux qui ne sont pas musiciens doivent avoir des images, ils ne peuvent pas concevoir la musique comme une simple musique. Pour les gens qui \u00e9coutent, ce n&rsquo;est pas comme \u00e7a. Il faut s&rsquo;y habituer\u00a0\u00bb.<\/em><\/p>\n<p><strong>Carlo, quel a \u00e9t\u00e9 ta premi\u00e8re passion musicale ?<\/strong><\/p>\n<p>Avant d&rsquo;entrer au conservatoire, je connaissais tr\u00e8s bien la musique rock. \u00c0 l&rsquo;\u00e2ge de cinq ans, je collectionnais les disques de rock et j&rsquo;\u00e9coutais principalement les Beatles et les Rolling Stones.<br \/>\n\u00c0 quel \u00e2ge avez-vous commenc\u00e9 \u00e0 \u00e9couter de la musique classique ?<br \/>\nVers l&rsquo;\u00e2ge de quatorze ans, et c&rsquo;est tr\u00e8s bien ainsi, parce que je n&rsquo;ai pas ces hi\u00e9rarchies qu&rsquo;ont les musiciens classiques, pour qui le classique est la chose la plus importante, et puis il y a le reste. Ce n&rsquo;est pas comme \u00e7a pour moi.<br \/>\nD\u00e8s l&rsquo;\u00e2ge de cinq ans, j&rsquo;ai commenc\u00e9 \u00e0 collectionner des disques de rock. Je n&rsquo;aimais pas le jazz, c&rsquo;est Giorgio Gaslini, un de mes professeurs au conservatoire, qui me l&rsquo;a fait d\u00e9couvrir, qui me l&rsquo;a fait aimer, et c&rsquo;est ainsi que j&rsquo;ai \u00e9galement \u00e9crit un livre intitul\u00e9 \u00ab Comment cr\u00e9er un club de jazz \u00bb et si je le connais bien, c&rsquo;est gr\u00e2ce \u00e0 lui. Il a fait d\u00e9couvrir le jazz \u00e0 des dizaines et des dizaines de personnes et dans cette formation, il y a des gens qui sont devenus des jazzmen c\u00e9l\u00e8bres. Il les a vraiment form\u00e9s. C&rsquo;\u00e9tait \u00e0 la fin des ann\u00e9es 70, une \u00e9poque culturellement incomparable \u00e0 la n\u00f4tre, une \u00e9poque de grande effervescence.<br \/>\nQuand la musique contemporaine est-elle entr\u00e9e dans votre vie ?<br \/>\nC&rsquo;est venu en travaillant. Parce que quand on \u00e9tudie la percussion, qui est n\u00e9e au XXe si\u00e8cle, on ne fait pratiquement que de la musique moderne. De plus, j&rsquo;avais l&rsquo;habitude de jouer beaucoup de musique contemporaine, donc j&rsquo;en \u00e9coutais des tonnes. Je jouais dans l&rsquo;orchestre de la RAI \u00e0 Milan, qui n&rsquo;existe plus, et j&rsquo;ai donc donn\u00e9 beaucoup de concerts de musique contemporaine. J&rsquo;ai donc travaill\u00e9 avec de nombreux compositeurs, comme Berio, Penderecki, Lutoslawski, et j&rsquo;ai eu l&rsquo;occasion de les voir diriger.<\/p>\n<p><strong>La musique contemporaine n&rsquo;\u00e9tait pas tr\u00e8s accessible \u00e0 l&rsquo;\u00e9poque&#8230;<\/strong><\/p>\n<p>Plus maintenant, toute la musique est compliqu\u00e9e, m\u00eame Wagner n&rsquo;est pas facile, prenez une personne dans la rue, faites-lui \u00e9couter cinq heures de \u00ab Parsifal \u00bb et dites-moi ensuite quel effet cela a sur elle. Il en va de m\u00eame pour la musique contemporaine. Si elle est difficile, c&rsquo;est parce qu&rsquo;il s&rsquo;agit d&rsquo;un langage qu&rsquo;il faut conna\u00eetre, \u00e9tudier et comprendre.<\/p>\n<p><strong>Y a-t-il une r\u00e9elle difficult\u00e9 \u00e0 diffuser la musique contemporaine ?<\/strong><br \/>\nToute musique est contemporaine quand elle na\u00eet. M\u00eame Mozart \u00e9tait de la musique contemporaine. Ensuite, elle devient classique si elle r\u00e9siste \u00e0 l&rsquo;\u00e9preuve du temps, mais toute la musique est contemporaine, m\u00eame Monteverdi est contemporain. Stravinsky, Bart\u00f3k et tous ceux que nous consid\u00e9rons aujourd&rsquo;hui comme des classiques ont \u00e9galement eu des probl\u00e8mes : \u00e0 l&rsquo;\u00e9poque, ils \u00e9taient consid\u00e9r\u00e9s comme de l&rsquo;avant-garde et les gens les rejetaient. Cinquante ou cent ans plus tard, ils sont entr\u00e9s dans le r\u00e9pertoire et plus personne ne proteste. Mais cela s&rsquo;est \u00e9galement produit avec Beethoven, qui \u00e9tait consid\u00e9r\u00e9 comme incompr\u00e9hensible \u00e0 l&rsquo;\u00e9poque et qui, par la suite, ne l&rsquo;\u00e9tait plus. C&rsquo;est une question d&rsquo;\u00e9ducation et donc de familiarit\u00e9 avec la langue : si vous la jouez plus souvent, les gens la comprennent et elle n&rsquo;est plus aussi difficile qu&rsquo;au d\u00e9but.<\/p>\n<p><strong>C&rsquo;est pourquoi tu as fond\u00e9 Sentieri Selvaggi *&#8230;<\/strong><br \/>\nNous avons commenc\u00e9 il y a presque trente ans \u00e0 faire un type de musique classique alternatif \u00e0 l&rsquo;avant-garde europ\u00e9enne, nous proposions beaucoup d&rsquo;auteurs am\u00e9ricains qui n&rsquo;\u00e9taient pas jou\u00e9s. Aujourd&rsquo;hui il est normal de faire Philip Glass, Steve Reich, David Lang, Louis Andriessen, James MacMillan, Gavin Bryars, Michael Nyman, Julia Wolfe, Fabio Vacchi &#8230;. Mais \u00e0 l&rsquo;\u00e9poque, \u00e0 la fin des ann\u00e9es 1970, au d\u00e9but des ann\u00e9es 1980, il s&rsquo;agissait d&rsquo;auteurs que l&rsquo;on ne pouvait m\u00eame pas nommer. Il fallait interpr\u00e9ter Boulez, que je d\u00e9testais, Berio et Stockhausen, l&rsquo;avant-garde europ\u00e9enne, et les autres n&rsquo;existaient pas, mais en r\u00e9alit\u00e9 ils existaient et comment !&#8230; et nous les avons jou\u00e9s, puis plus tard, avec le temps, nous avons r\u00e9cup\u00e9r\u00e9 les autres, et maintenant nous jouons aussi Boulez, Stockhausen, et de nombreux compositeurs que nous ne jouions pas auparavant.<\/p>\n<p><strong>On peut dire que dans la musique contemporaine, il n&rsquo;y a pas de m\u00e9lodie?\u00a0<\/strong><br \/>\nMais non, ce sont les n\u00e9o-m\u00e9lodistes qui disent cela. La musique contemporaine contient les m\u00eames \u00e9l\u00e9ments que Beethoven ou Verdi, mais ils sont pr\u00e9sent\u00e9s diff\u00e9remment, ils ont une syntaxe diff\u00e9rente. Dans les romans de Joyce ou de Calvino, il n&rsquo;y a pas le m\u00eame langage que dans \u00ab Capitaine Fracassa \u00bb ou Dumas. Ils sont \u00e9crits dans la langue d&rsquo;aujourd&rsquo;hui. Ici m\u00eame, en France, ils ont invent\u00e9 le \u00ab\u00a0nouveau roman\u00a0\u00bb, ils ont commenc\u00e9 \u00e0 d\u00e9truire la forme du roman traditionnel, alors ne sont-ils pas des romans eux aussi ? Apr\u00e8s cinquante ans, on lit Sartre et Robbe-Grillet comme des classiques, et \u00e0 l&rsquo;\u00e9poque ils semblaient avoir boulevers\u00e9 le monde de la litt\u00e9rature&#8230; comme les films de Godard&#8230; Mais toute la musique qu&rsquo;on \u00e9coute est contemporaine. Si on l&rsquo;\u00e9coute, c&rsquo;est qu&rsquo;elle nous dit encore des choses aujourd&rsquo;hui, Mozart, Monteverdi, Palestrina, Beethoven continuent \u00e0 nous parler, \u00e0 nous poser des questions, \u00e0 nous faire nous interroger sur nous-m\u00eames, sur le monde, et donc eux aussi sont nos contemporains.<\/p>\n<p><strong>Vous composez, jouez et dirigez. Que se passe-t-il entre la composition et la direction d&rsquo;un morceau ?<\/strong><br \/>\nTous les compositeurs ne sont pas des interpr\u00e8tes. Je conseille toujours aux jeunes compositeurs d&rsquo;\u00e9tudier la direction d&rsquo;orchestre. J&rsquo;ai connu des interpr\u00e9tations catastrophiques de mes compositions par des chefs d&rsquo;orchestre qui dirigeaient des pi\u00e8ces contemporaines simplement parce qu&rsquo;ils devaient le faire. \u00c0 ce moment-l\u00e0, j&rsquo;ai choisi de les diriger moi-m\u00eame, mais tout le monde n&rsquo;est pas capable de le faire. Il y a de tr\u00e8s bons compositeurs qui ne sont pas des interpr\u00e8tes. Mais lorsque vous \u00eates un interpr\u00e8te de vous-m\u00eame, et pas seulement cela, car je dirige \u00e9galement beaucoup d&rsquo;autres types de musique, c&rsquo;est tr\u00e8s utile pour l&rsquo;\u00e9criture, car en r\u00e9p\u00e9tant et en \u00e9coutant, vous r\u00e9alisez imm\u00e9diatement s&rsquo;il y a quelque chose de superflu lorsque vous \u00e9crivez. Lorsque vous dirigez les pi\u00e8ces que vous avez \u00e9crites, vous vous rendez compte si vous avez \u00e9crit des choses qui ont du sens ou si vous pourriez \u00e9crire d&rsquo;une mani\u00e8re plus pratique sans vous complaire de certaines virtuosit\u00e9s. Les r\u00e9p\u00e9titions sont toujours courtes, on a peu de temps et on ne doit \u00e9crire que les choses les plus importantes. Pour moi, la composition est tr\u00e8s utile pour la direction d&rsquo;orchestre.<\/p>\n<p><strong>La direction est donc venue plus tard&#8230;<\/strong><br \/>\nOui, tout \u00e0 fait par hasard. J&rsquo;ai d\u00fb remplacer un chef d&rsquo;orchestre qui devait diriger un de mes op\u00e9ras \u00e0 V\u00e9rone et qui n&rsquo;a pas pu le faire. Ils m&rsquo;ont dit &#8230; soit tu le fais, soit on annule&#8230; Comme j&rsquo;avais pratiqu\u00e9 l&rsquo;orchestre pendant de nombreuses ann\u00e9es et que je l&rsquo;avais plus ou moins observ\u00e9, je me suis dit &#8230; essayons &#8230; et \u00e7a s&rsquo;est bien pass\u00e9, alors j&rsquo;ai continu\u00e9, mais je n&rsquo;ai pas \u00e9tudi\u00e9 la direction d&rsquo;orchestre. J&rsquo;ai toujours appris sur le terrain, j&rsquo;ai appris en travaillant. Je n&rsquo;ai m\u00eame pas obtenu de dipl\u00f4me de composition, j&rsquo;ai \u00e9tudi\u00e9 sept ou huit ans au conservatoire, j&rsquo;ai pass\u00e9 les bons examens et j&rsquo;ai appris la technique dont j&rsquo;avais besoin. Le probl\u00e8me, c&rsquo;est que dans ces ann\u00e9es-l\u00e0, il n&rsquo;y avait pas de dialogue avec les professeurs. J&rsquo;ai eu huit professeurs en huit ans \u00e0 cause de la rotation des chaires et chaque ann\u00e9e j&rsquo;avais un professeur diff\u00e9rent, alors j&rsquo;ai fini par partir.<\/p>\n<p><strong>Chaque professeur d\u00e9truisait son pr\u00e9d\u00e9cesseur&#8230;<\/strong><br \/>\nExactement. J&rsquo;ai donc fini par d\u00e9velopper ma propre id\u00e9e, ind\u00e9pendamment de mes professeurs, et j&rsquo;apprends g\u00e9n\u00e9ralement sur le terrain. M\u00eame avec les livres. \u00c0 ce jour, j&rsquo;ai \u00e9crit quinze livres parce que, par hasard, j&rsquo;ai d\u00fb publier le premier et c&rsquo;est de cette mani\u00e8re que j&rsquo;ai appris.<\/p>\n<p><strong>Carlo, peux-tu affirmer que la composition musicale est comme l&rsquo;\u00e9criture d&rsquo;un livre ?<\/strong><br \/>\nNon, c&rsquo;est beaucoup plus long, plus difficile et plus compliqu\u00e9, car la musique est un langage tr\u00e8s complexe. Pour moi, il est beaucoup plus fatigant d&rsquo;\u00e9crire un morceau que d&rsquo;\u00e9crire un livre.<\/p>\n<p><strong>Parce que la musique est un langage, n&rsquo;est-ce pas ?<\/strong><br \/>\nJe ne peux pas vraiment\u00a0 le dire. Le d\u00e9bat est tr\u00e8s vaste. Je ne suis pas linguiste, mais il s&rsquo;agit certainement d&rsquo;un moyen de communication comme l&rsquo;\u00e9criture, alors si c&rsquo;est une langue ou non, je n&rsquo;ai pas les outils s\u00e9miotiques pour l&rsquo;affirmer.<\/p>\n<p><strong>Et l&rsquo;exp\u00e9rience avec les autistes ?<\/strong><br \/>\nLe projet a dur\u00e9 un an. Nous avons enseign\u00e9 \u00e0 des enfants autistes qui \u00e9taient compl\u00e8tement immobiles, bloqu\u00e9s, mais la seule chose qui passait \u00e0 travers ce mur noir \u00e9tait la musique. En fait, lorsque j&rsquo;ai lu plus tard le livre de Sacks \u00ab Musicofilia \u00bb, j&rsquo;ai vu que la musique touche des zones neuronales que rien d&rsquo;autre ne peut atteindre. Nous ne savons pas pourquoi il en est ainsi. Nous ne savons presque rien du cerveau, malgr\u00e9 les nombreux ouvrages qui ont \u00e9t\u00e9 publi\u00e9s.<\/p>\n<p><strong>Quelle est votre source d&rsquo;inspiration lorsque tu compose ?<\/strong><\/p>\n<p>Mes compositions ne sont inspir\u00e9es par rien. Je n&rsquo;\u00e9cris pas de musique qui d\u00e9crit quelque chose, j&rsquo;\u00e9cris simplement de la musique. La musique est juste de la musique. Je n&rsquo;essaie pas de d\u00e9crire des images ou des paysages. Si quelqu&rsquo;un ressent des \u00e9motions et a des images et des paysages en t\u00eate, c&rsquo;est tr\u00e8s bien, mais je ne commence jamais par dire&#8230; je veux d\u00e9crire un coucher de soleil ou un voyage en train&#8230; je ne d\u00e9cris rien. Je me contente de d\u00e9crire les notes que je prends, et j&rsquo;essaie de faire en sorte qu&rsquo;elles soient justes.<\/p>\n<p>Je ne m&rsquo;occupe pas de l&rsquo;extra-musical, c&rsquo;est-\u00e0-dire de tout ce que les gens mettent dans un morceau lorsqu&rsquo;ils l&rsquo;\u00e9coutent. Je veux dire que pour un auditeur actif, quelque chose lui fera penser \u00e0 la musique, n&rsquo;est-ce pas ? Les gens me disent alors&#8230; j&rsquo;ai vu ici, je pense l\u00e0&#8230; mais je n&rsquo;ai pas du tout pens\u00e9 \u00e0 ces choses-l\u00e0. Je n&rsquo;ai pens\u00e9 qu&rsquo;aux notes et aux probl\u00e8mes musicaux. \u00c9crire une pi\u00e8ce, c&rsquo;est r\u00e9soudre des probl\u00e8mes musicaux. Chaque pi\u00e8ce pr\u00e9sente des difficult\u00e9s formelles, des difficult\u00e9s linguistiques, autant de probl\u00e8mes que vous devez affronter et r\u00e9soudre si vous le pouvez. Pour moi, il est fondamental de comprendre ce que je veux dire et d&rsquo;essayer de le dire aussi clairement que possible sans me pr\u00e9occuper du reste.\u00a0Les id\u00e9es qui viennent sont parfois microscopiques, il peut m\u00eame s&rsquo;agir d&rsquo;une note ou de deux notes.<\/p>\n<p><strong>Mais tu transmets un message&#8230;<\/strong><br \/>\nCe n&rsquo;est pas un message. Vous devez \u00e9crire une pi\u00e8ce et une pi\u00e8ce est un objet. C&rsquo;est comme cette chaise, comment est-elle ? Comment la faire tenir debout ? Comment la construire ? \u00c0 quoi ressemble-t-elle ? Je ne peux pas me contenter de dire&#8230; j&rsquo;aime la chaise&#8230; et c&rsquo;est tout. Je dois comprendre comment la fabriquer, avec quels mat\u00e9riaux. Et je n&rsquo;ai pas toujours l&rsquo;objet en t\u00eate, parfois oui, parfois non. Parfois, je le d\u00e9couvre en travaillant. J&rsquo;ai une vague id\u00e9e, puis les d\u00e9tails se pr\u00e9cisent au fur et \u00e0 mesure que l&rsquo;on travaille.<\/p>\n<p><strong>Il y a donc une intention&#8230;<\/strong><br \/>\nCette id\u00e9e de l&rsquo;intention est une id\u00e9e romantique, une id\u00e9e du 19e si\u00e8cle. Qu&rsquo;il faut d\u00e9crire quelque chose, faire des proclamations, il vaut mieux faire d&rsquo;autres types de musique. Ainsi, on fait une chanson de protestation. Mais un quatuor \u00e0 cordes de protestation n&rsquo;a pas beaucoup de sens&#8230;.<\/p>\n<p><strong>\u00c0 quel mouvement pictural pourrait-on comparer la musique que tu compose ?<\/strong><br \/>\nIl n&rsquo;y a plus de mouvement depuis plus de soixante ans, il n&rsquo;y a rien, chacun va de son c\u00f4t\u00e9, il n&rsquo;y a pas de courant. Le dernier a peut-\u00eatre \u00e9t\u00e9 le n\u00e9oromantisme des ann\u00e9es 80, la trans-avantgarde, mais nous parlons d&rsquo;il y a un demi-si\u00e8cle.<br \/>\nM\u00eame l&rsquo;id\u00e9e de contamination est une vieille id\u00e9e, chaque compositeur fait sa propre histoire, ce que j&rsquo;\u00e9cris pour le concert du vingt-neuf avril, je joue neuf autres compositeurs qui n&rsquo;ont rien en commun les uns avec les autres (ndlr. concert du 29 avril 2025 \u00e0 l&rsquo;Institut culturel italien de Paris). Les langues ont explos\u00e9, il n&rsquo;y a plus de langage commun.<br \/>\nChacun \u00e9crit \u00e0 sa mani\u00e8re, chacun avec ses propres r\u00e8gles, sa propre syntaxe et sa propre fa\u00e7on de r\u00e9soudre les probl\u00e8mes, il n&rsquo;y a pas de d\u00e9terminant commun si ce n&rsquo;est qu&rsquo;ils sont tous vivants, mais autrement, esth\u00e9tiquement, musicalement, certains sont antith\u00e9tiques, l&rsquo;un \u00e9tant le contraire de l&rsquo;autre, mais c&rsquo;est cela la contemporan\u00e9it\u00e9, la pluralit\u00e9 des langages. Le probl\u00e8me est de trouver une synth\u00e8se des langages et chacun essaie \u00e0 sa mani\u00e8re, certains y arrivent plus, d&rsquo;autres moins, de faire une synth\u00e8se des diff\u00e9rents langages, c&rsquo;est-\u00e0-dire le classique avec d&rsquo;autres influences, d&rsquo;autres choses. Il n&rsquo;y a plus d&rsquo;esth\u00e9tique commune, de mouvement comme tu le dis, ou de voie principale trac\u00e9e par les grands. Il y avait Stravinsky, les grands ma\u00eetres, mais maintenant il n&rsquo;y a plus de grands ma\u00eetres. Chacun est son propre ma\u00eetre. Alors si on r\u00e9ussit, c&rsquo;est bien, sinon on \u00e9crit une mauvaise pi\u00e8ce, ce qui est arriv\u00e9 \u00e0 tous les grands de toute fa\u00e7on. Tout le monde a \u00e9crit de mauvaises pi\u00e8ces, m\u00eame Schubert, mais ils en ont ensuite \u00e9crit de merveilleuses.<\/p>\n<p><strong>Que t&rsquo;as apport\u00e9 ta r\u00e9sidence \u00e0 l&rsquo;Institut culturel italien de Paris ?<\/strong><br \/>\nDe la beaut\u00e9. La paix, la tranquillit\u00e9. Vous n&rsquo;avez pas les obligations de la vie quotidienne qui vous distraient, qui vous interrompent. Je peux passer des journ\u00e9es enti\u00e8res \u00e0 \u00e9crire. En fait, j&rsquo;ai termin\u00e9 mon quatuor \u00e0 cordes en deux fois moins de temps, en quinze jours au lieu d&rsquo;un mois, et je travaille maintenant sur d&rsquo;autres pi\u00e8ces.<br \/>\nEt Paris est merveilleux. J&rsquo;ai fait une tourn\u00e9e compatible avec le fait que je voulais d&rsquo;abord terminer le quatuor, et puis j&rsquo;ai quand m\u00eame vu pas mal de choses. Ce que j&rsquo;aime, c&rsquo;est que l&rsquo;on voit que la culture est valoris\u00e9e ici.<\/p>\n<p>L&rsquo;Institut est une oasis parce qu&rsquo;il est dirig\u00e9 par une personne cultiv\u00e9e et par des gens qui s&rsquo;y connaissent en culture, mais en g\u00e9n\u00e9ral, je le constate \u00e0 travers l&rsquo;offre culturelle de tous les types de musique. En une semaine, il y a eu de magnifiques concerts de musique br\u00e9silienne, de jazz, de musique contemporaine, d&rsquo;avant-garde, de musique symphonique. Beaucoup de compositeurs italiens vivent ici parce que, contrairement \u00e0 l&rsquo;Italie o\u00f9 les compositeurs ne b\u00e9n\u00e9ficient d&rsquo;aucune aide, la soci\u00e9t\u00e9 des auteurs, l&rsquo;\u00c9tat et le gouvernement vous aident \u00e0 travailler. En Italie, le compositeur n&rsquo;est pas un m\u00e9tier, c&rsquo;est un hobby et il n&rsquo;est pas pris au s\u00e9rieux. La diff\u00e9rence est abyssale.<\/p>\n<p><strong>Que conseillerais-tu \u00e0 un jeune qui veut \u00e9tudier la musique aujourd&rsquo;hui ?<\/strong><\/p>\n<p>D&rsquo;y r\u00e9fl\u00e9chir tr\u00e8s attentivement parce qu&rsquo;une vie tr\u00e8s dure l&rsquo;attend, \u00e0 l&rsquo;exception des r\u00e9sidences artistiques \u00e0 Paris&#8230; mais sinon, ce n&rsquo;est pas une vie que je recommanderais. Si vous ne vous sentez pas oblig\u00e9 de le faire, laissez tomber. Vous risquez d&rsquo;avoir une vie mis\u00e9rable. J&rsquo;ai beaucoup de chance, je fais partie d&rsquo;un groupe de compositeurs \u00e9lus qui voient leur musique jou\u00e9e en Italie &#8211; nous sommes 30 sur 5000 compositeurs.<\/p>\n<p><em>* (ndlr. Sentieri selvaggi\u00a0\u00bb a \u00e9t\u00e9 fond\u00e9 en 1997 par Carlo Boccadoro, Filippo Del Corno et Angelo Miotto dans le but de rapprocher la musique contemporaine du grand public).<\/em><\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<h3>Alessandra Curia \/ Th\u00e9\u00e2tre<\/h3>\n<p><strong>Alessandra Curia, voix inqui\u00e8te d&rsquo;une g\u00e9n\u00e9ration en qu\u00eate de sens<\/strong><\/p>\n<p><em>\u00c0 23 ans seulement, Alessandra Curia a d\u00e9j\u00e0 marqu\u00e9 le th\u00e9\u00e2tre italien en remportant le Prix de la Vocation 2024 au Festival Hystrio de Milan. Elle l&rsquo;a fait en mettant en sc\u00e8ne deux monologues intenses : l&rsquo;un tir\u00e9 du Stabat Mater d&rsquo;Antonio Tarantino, r\u00e9cit\u00e9 avec un accent calabrais, et l&rsquo;autre du drame Il male sacro de Massimo Binazzi. Il s&rsquo;agissait d&rsquo;une \u0153uvre tr\u00e8s classique, bien que contemporaine. Il est vraiment bien \u00e9crit\u00a0\u00bb, dit-elle pour expliquer son choix. Originaire de Calabre, Alessandra poss\u00e8de une \u00e9nergie qu&rsquo;elle qualifie de \u00ab visc\u00e9rale et tragique \u00bb, mais qui se m\u00eale \u00e0 une luminosit\u00e9 inn\u00e9e. Sa premi\u00e8re approche du th\u00e9\u00e2tre est pr\u00e9coce et naturelle. Ses parents l&#8217;emmenaient souvent voir des spectacles et une tante travaillait au Teatro dell&rsquo;Acquario de Cosenza, laur\u00e9at du prix Ubu. \u00ab\u00a0J&rsquo;ai commenc\u00e9 \u00e0 y suivre des cours, mais la v\u00e9ritable \u00e9tincelle s&rsquo;est d\u00e9clench\u00e9e \u00e0 l&rsquo;\u00e2ge de douze ans, lors d&rsquo;un campus d&rsquo;\u00e9t\u00e9. Au lyc\u00e9e, elle continue avec les Officine Teatrali, puis vient la rencontre qui va changer sa trajectoire : Francesco Aiello, metteur en sc\u00e8ne et p\u00e9dagogue, qui la guide avec sensibilit\u00e9 et rigueur.<\/em><\/p>\n<p><strong>Lucia Calamaro, Ljuba et Callas<\/strong><\/p>\n<p>Dans son panth\u00e9on th\u00e9\u00e2tral coexistent Ibsen, Pinter, \u010cechov et un amour absolu pour Lucia Calamaro. \u00ab\u00a0Lorsque j&rsquo;ai re\u00e7u La Nature morte en cadeau \u00e0 l&rsquo;\u00e2ge de dix-huit ans, j&rsquo;ai d\u00e9couvert la dramaturgie contemporaine. Ce flux de mots d\u00e9li\u00e9s mais profonds ressemblait \u00e0 ma fa\u00e7on de parler, de penser, de vivre.\u00a0\u00bb<\/p>\n<p>\u00c0 l&rsquo;Acad\u00e9mie, un autre personnage marque un tournant : Ljuba de La Cerisaie. Travaill\u00e9 longuement sous la direction de Karina Arutyunyan, Ljuba l&rsquo;a oblig\u00e9e \u00e0 descendre dans le ton, la posture, la voix. \u00ab Je me promenais dans Milan avec des talons et des livres sur la t\u00eate pour chercher la faible \u00e9nergie du personnage \u00bb. La Callas devient une figure de<\/p>\n<p>r\u00e9f\u00e9rence. \u00ab Il y avait quelque chose dans cette douleur contenue, cette sensualit\u00e9 adulte, qui m&rsquo;appartenait \u00bb.<\/p>\n<p><strong>Le podcast th\u00e9\u00e2tral et la v\u00e9rit\u00e9 manipul\u00e9e<\/strong><\/p>\n<p>Avec trois anciens camarades de classe de l&rsquo;Accademia dei Filodrammatici, Alessandra fonde Divano Project, un collectif th\u00e9\u00e2tral qui d\u00e9bute par un podcast en direct soutenu par Campo Teatrale. Le point de d\u00e9part est un vol subi par l&rsquo;un d&rsquo;entre eux, Michele, qui devient le point de d\u00e9part d&rsquo;une histoire d&rsquo;amour et d&rsquo;incommunicabilit\u00e9. \u00ab\u00a0Le vrai th\u00e8me est la relativit\u00e9 de la v\u00e9rit\u00e9. Deux personnes vivent le m\u00eame \u00e9v\u00e9nement de mani\u00e8re compl\u00e8tement diff\u00e9rente\u00a0\u00bb.<\/p>\n<p>Le podcast refl\u00e8te \u00e9galement les divergences artistiques du groupe : ceux qui veulent parler de f\u00e9minicide, ceux qui recherchent le drame, ceux qui pensent \u00e0 la commercialisation. Entre-temps, Othello, symbole de la jalousie et de la manipulation, est cit\u00e9 dans un jeu m\u00e9ta-th\u00e9\u00e2tral qui fusionne com\u00e9die et trag\u00e9die. \u00ab\u00a0Nous ne donnons pas de r\u00e9ponses, nous montrons la complexit\u00e9. Michele n&rsquo;est ni bonne ni mauvaise. Nous voulons que le spectateur reparte avec des doutes, pas des certitudes\u00a0\u00bb.<\/p>\n<p><strong>Memento mori et la mort comme geste politique<\/strong><br \/>\nLe deuxi\u00e8me projet auquel elle participe, encore en cours de d\u00e9veloppement, est une \u0153uvre provocatrice : Memento Mori, con\u00e7ue par Gianmarco Pignatiello. Il s&rsquo;agit d&rsquo;un faux documentaire th\u00e9\u00e2tral qui part d&rsquo;une hypoth\u00e8se absurde : Elon Musk est retrouv\u00e9 mort dans les toilettes d&rsquo;un Tex-Mex \u00e0 Cinisello Balsamo. Autour de cette mort imaginaire mais embl\u00e9matique, un r\u00e9cit est construit qui fusionne la culture internet, les arch\u00e9types des m\u00e8mes et des r\u00e9flexions profondes sur le pouvoir.<\/p>\n<p>\u00ab\u00a0Pepe the Frog, le m\u00e8me que nous avons utilis\u00e9 comme personnage, est un symbole puissant. Il est devenu tout : raciste, nazi, violent. C&rsquo;est comme si le r\u00e9seau avait vomi sur lui toutes les pulsions les plus sombres. Et nous nous sommes demand\u00e9 : si nous pouvions tuer une figure de pouvoir pour changer l&rsquo;avenir, qui choisirions-nous ?<\/p>\n<p>Le choix se porte sur Musk, pour le geste du salut romain et le mythe de la toute-puissance qu&rsquo;il incarne. Mais le projet n&rsquo;est pas une attaque personnelle : Memento Mori est un cri existentiel, un avertissement. \u00ab\u00a0Nous sommes int\u00e9ress\u00e9s par l&rsquo;id\u00e9e que la mort, aujourd&rsquo;hui, peut \u00eatre consid\u00e9r\u00e9e comme un acte radical pour briser un syst\u00e8me insoutenable. C&rsquo;est troublant et d&rsquo;actualit\u00e9, et cela nous surprend de voir \u00e0 quel point la r\u00e9alit\u00e9 s&rsquo;aligne souvent sur notre fiction\u00a0\u00bb.<\/p>\n<p><strong>Une g\u00e9n\u00e9ration qui observe plus qu&rsquo;elle n&rsquo;agit<\/strong><\/p>\n<p>Alessandra parle de sa g\u00e9n\u00e9ration avec une lucidit\u00e9 d\u00e9sarmante. \u00ab\u00a0Quand j&rsquo;\u00e9tais enfant, je pensais que le monde suivait une trajectoire logique. Maintenant, tout est fluide, pr\u00e9caire. Nous ne pouvons pas imaginer l&rsquo;avenir, et cela cr\u00e9e de l&rsquo;anxi\u00e9t\u00e9. Nous sommes bien form\u00e9s, mais immobiles. Individualistes par survie\u00a0\u00bb.<\/p>\n<p>Covid a laiss\u00e9 des blessures profondes, et la progression du n\u00e9o-nazisme, dit-il, est une r\u00e9action \u00e0 une \u00e9poque de recherche de libert\u00e9 et de stimulation. \u00ab\u00a0C&rsquo;est comme si les gens cherchaient un nouvel ordre, une restauration. Mais je ne pense pas que ce soit la solution. Nous devrions avoir le courage d&rsquo;imaginer un autre mode de vie\u00a0\u00bb.<\/p>\n<p><strong>Le m\u00e9tier d&rsquo;actrice aujourd&rsquo;hui<\/strong><\/p>\n<p>Apr\u00e8s avoir termin\u00e9 l&rsquo;Accademia dei Filodrammatici, Alessandra s&rsquo;est lanc\u00e9e dans le monde du travail, d\u00e9couvrant que le r\u00eave d&rsquo;\u00eatre \u00ab seulement \u00bb actrice ne lui suffisait pas. \u00ab\u00a0Je me suis rendu compte que ce qui m&rsquo;int\u00e9ressait, ce n&rsquo;\u00e9tait pas d&rsquo;atteindre un point de bonheur absolu. Ce qui m&rsquo;int\u00e9resse, c&rsquo;est de vivre des exp\u00e9riences, de rester fluide. Je fais partie d&rsquo;un groupe, je chante, j&rsquo;\u00e9tudie le dance-hall. Je me vois comme quelque chose de mobile.<\/p>\n<p>Le th\u00e9\u00e2tre d&rsquo;aujourd&rsquo;hui n&rsquo;est plus une affaire de tourn\u00e9es permanentes. \u00ab\u00a0Aujourd&rsquo;hui, un acteur doit s&rsquo;ing\u00e9nier \u00e0 faire autre chose. Faire autre chose. Enseigner, \u00e9crire, se r\u00e9inventer en permanence. La r\u00e9forme italienne qui a encourag\u00e9 les productions au d\u00e9triment des tourn\u00e9es a tout chang\u00e9. \u00ab\u00a0Les acteurs sont oblig\u00e9s de sauter constamment d&rsquo;un projet \u00e0 l&rsquo;autre, sans avoir le temps de vraiment les d\u00e9velopper. On ne peut plus compter sur le long terme, il faut \u00eatre pr\u00eat \u00e0 changer de peau trop souvent et ce n&rsquo;est pas rassurant pour la profession.\u00a0\u00bb<\/p>\n<p>Et changer de peau, c&rsquo;est justement ce qu&rsquo;il aime faire. \u00ab\u00a0J&rsquo;aime les personnages qui sont loin de moi. J&rsquo;utilise des objets, des costumes, des petites transformations pour entrer dans le r\u00f4le. Certains amis rigolent : \u00ab\u00a0Tu as besoin de la veste pour jouer ? Oui, j&rsquo;ai besoin de la veste. C&rsquo;est mon passage rituel.<\/p>\n<p><strong>Entre chaos et possibilit\u00e9s<\/strong><\/p>\n<p>Selon lui, le monde d&rsquo;aujourd&rsquo;hui est une jungle de possibilit\u00e9s. \u00ab\u00a0Vous pouvez \u00eatre qui vous voulez. Femme, homme, personne, tout. Mais cette libert\u00e9 peut vous \u00e9craser. Chaque jour, vous vous r\u00e9veillez et vous vous demandez : quelle direction dois-je prendre ?<\/p>\n<p>Ayant grandi dans un milieu ais\u00e9, elle se sent responsable de ses parents, de la stabilit\u00e9 qui n&rsquo;existe plus aujourd&rsquo;hui. \u00ab\u00a0Nous avons grandi avec l&rsquo;id\u00e9e qu&rsquo;il fallait \u00eatre parfait. De rendre la pareille. Mais le monde a chang\u00e9. Peut-\u00eatre qu&rsquo;il ne s&rsquo;agit pas de choisir, mais d&rsquo;apprendre \u00e0 naviguer.\u00a0\u00bb<\/p>\n<p>Au milieu de toutes ces r\u00e9flexions, une certitude demeure : \u00ab\u00a0Je ne veux pas \u00eatre le champion de quoi que ce soit. Je veux juste vivre dans un monde o\u00f9 j&rsquo;aime \u00eatre. Et avec mon instrument, le th\u00e9\u00e2tre, \u00e0 ma petite \u00e9chelle, j&rsquo;essaie\u00a0\u00bb.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"Carlo Boccadoro \/ Musique Dialogue con Th\u00e9a Romanello Le parcours atypique de Carlo Boccadoro, rencontre dans le jardin de l&rsquo;Institut Culturel Italien le 17 avril 2025 Compositeur, pianiste, chef d&rsquo;orchestre, Carlo, qui se dit \u00ab rocker \u00bb d\u00e8s son plus jeune \u00e2ge, commence \u00e0 aimer le jazz gr\u00e2ce \u00e0 Giorgio Gaslini, son professeur au Conservatoire [&hellip;]","protected":false},"author":10,"featured_media":0,"parent":13434,"menu_order":0,"comment_status":"closed","ping_status":"closed","template":"","meta":{"footnotes":""},"class_list":["post-13609","page","type-page","status-publish","hentry"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/iicparigi.esteri.it\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/pages\/13609","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/iicparigi.esteri.it\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/pages"}],"about":[{"href":"https:\/\/iicparigi.esteri.it\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/types\/page"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/iicparigi.esteri.it\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/users\/10"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/iicparigi.esteri.it\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=13609"}],"version-history":[{"count":6,"href":"https:\/\/iicparigi.esteri.it\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/pages\/13609\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":13795,"href":"https:\/\/iicparigi.esteri.it\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/pages\/13609\/revisions\/13795"}],"up":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/iicparigi.esteri.it\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/pages\/13434"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/iicparigi.esteri.it\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=13609"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}