Muse et mécène de musiciens, de peintres et d’écrivains, pianiste talentueuse et concertiste elle-même, Misia Godebska a réuni autour d’elle le meilleur de la scène culturelle et mondaine parisienne entre la fin du XIXᵉ siècle et la première moitié du XXᵉ siècle. Fêtes, théâtres, voyages à Rome et à Venise, à Vienne et sur la Côte d’Azur, morphine, ménage à trois, amours déçues et succès mondains dessinent les contours d’une époque exceptionnelle.
Elle fut Madame Natanson, puis Edwards, puis Sert, Madame Verdurinska, Misia la snobinette, Commère Tue-tout, Reine-Abeille. Autant de noms pour une créature qui semble avoir vécu autant de vies. Ravel et Debussy lui dédiaient leurs compositions, Mallarmé ses vers, souvent écrits tandis qu’il l’écoutait jouer. Si Renoir et Toulouse-Lautrec ont rendu son visage immortel, pour Coco Chanel elle était, tout simplement, la femme la plus intelligente qu’elle ait jamais connue.
Dans ce roman (Manni editori, 2026), tissé à partir des nombreuses pages écrites sur elle, de ses journaux et de sa correspondance, c’est Misia elle-même qui raconte sa vie. Elle le fait avec la voix d’une femme forte, passionnée, d’un immense charme, mais aussi tourmentée et marquée, au fil des années, par les deuils et les abandons. Une personnalité complexe, multiple, aux mille facettes. Mille Misia — ou plutôt, simplement, Misia.
Soirée en langue italienne.
**
Francesca Frigerio est née en 1974 à Milan, où elle vit. Elle est traductrice de l’anglais et a traduit notamment Dorothy Edwards, George Eliot, Robert Louis Stevenson et Rebecca West. Elle a publié des essais, dont Modernismo e modernità. Per un ritratto della letteratura inglese 1900-1940 (Einaudi, 2017), et dirigé l’anthologie de nouvelles E vissero felici e contenti. Racconti di matrimonio (Einaudi, 2013). Il s’agit de son premier roman.