Gastone Novelli (Vienne 1925 – Milan 1968) a été l’un des principaux protagonistes de la peinture italienne de l’après-Seconde Guerre mondiale. Aujourd’hui, à l’occasion du centenaire de sa naissance, la Galleria Internazionale d’Arte Moderna de Venise lui consacre une nouvelle et fondamentale exposition monographique : une opportunité de redécouvrir la qualité artistique et la portée révolutionnaire de sa recherche (du 15 novembre 2025 au 1er mars 2026).
Cette soirée, organisée à l’Institut culturel italien de Paris en collaboration avec l’Archivio Gastone Novelli (Rome), sera l’occasion de présenter l’exposition et de redécouvrir l’art de Gastone Novelli, avec Elisabetta Barisoni (commissaire de l’exposition) et Mireille Calle-Gruber.
En présence d’Ivan Novelli (Archivio Gastone Novelli).
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Gastone Novelli naît à Vienne en 1925. Pendant la Seconde Guerre mondiale, il participe à la Résistance ; il est arrêté, torturé et condamné à mort. Sa peine est commuée en réclusion à perpétuité et il est libéré à l’entrée des troupes alliées à Rome le 4 juin 1944. En 1948, il effectue son premier voyage au Brésil, où il commence son activité artistique. En 1955, il s’installe à Rome et s’intègre rapidement au milieu artistique de la ville grâce à son amitié avec Emilio Villa. En 1957, il effectue plusieurs séjours à Paris, où il rencontre Tristan Tzara, André Masson, Man Ray et Hans Arp. La même année, il fonde avec Achille Perilli la revue L’Esperienza Moderna, et la galerie La Salita de Rome lui consacre une exposition personnelle. À partir des années 1960, il fréquente Samuel Beckett, Georges Bataille, Pierre Klossowski et René de Solier, et noue une étroite amitié avec Claude Simon, qui évoque, dans l’un de ses derniers livres, Le Jardin des Plantes (1997), la profonde consonance intellectuelle et créative qui le liait à l’artiste. Avec certains d’entre eux, Novelli engage de véritables collaborations. Durant ces mêmes années, il se rapproche des écrivains de la néo-avant-garde italienne, avec lesquels il partage une même tension vers l’expérimentation linguistique. En 1964, il fonde avec Perilli, Alfredo Giuliani et Giorgio Manganelli la revue Grammatica. Il remporte le prix Gollin à la Biennale de Venise, où il est invité avec une salle personnelle. En 1966, il publie le livre Viaggio in Grecia, véritable somme d’années de réflexions sur le langage et de pérégrinations dans des univers de signes allant de la psychologie des profondeurs au mythe, jusqu’à l’aboutissement définitif dans l’anthropologie et le structuralisme de Claude Lévi-Strauss. En 1968, il est de nouveau invité à la Biennale de Venise, mais, en signe de protestation contre l’intervention de la police dans les Giardini, il refuse d’exposer ses œuvres en les retournant contre les murs de sa salle personnelle. En octobre, il se trouve à Milan, où il commence à enseigner à l’Académie des beaux-arts de Brera. Il meurt le 22 décembre d’un collapsus post-opératoire. Novelli a exposé dans les plus importants musées et institutions italiens et internationaux. Aujourd’hui, ses œuvres sont conservées au MoMA de New York, à la National Gallery de Washington, au MASP de São Paulo, au British Museum de Londres, à la Galleria Nazionale d’Arte Moderna de Rome, au Museo del Novecento de Milan et à la Peggy Guggenheim Collection de Venise.