Le photographe et journaliste Ferdinando Scianna est aujourd’hui un homme de plus de quatre-vingts ans, à l’esprit vif, plein d’histoires incroyables.
Entrer dans sa vie, c’est retracer une existence marquée par des rencontres avec certains géants de la culture du XXe siècle, tissée d’amitiés et de questions sur le sens de la photographie, sur la signification que peut encore avoir la production d’images. Scianna revendique la spécificité de la photographie, en la libérant de son statut d’art. C’est autre chose, dit-il. Il lui attribue la fonction irremplaçable de sonde du réel, à une époque où les images semblent cacher plus qu’elles ne révèlent, et où la réalité semble sur le point de disparaître.
Dans son documentaire, le réalisateur Roberto Andò montre Ferdinando Scianna en action lors d’un voyage à Bagheria, où il va retrouver de vieux amis qu’il a photographiés dans sa jeunesse et qu’il souhaite photographier à nouveau ; le suit sur les traces de Sciascia dans sa maison de Palerme, ou à Milan, déroulant le fil de sa vie pour la raconter, essayant de restituer ce petit quelque chose qui fait de la photographie une aventure merveilleuse et un destin.
Ferdinando Scianna – Le photographe de l’ombre
De Roberto Andò (Italie, 2025, 86′, VOSTF)
Projection en présence du réalisateur, de Ferdinando Scianna et de la photographe Lia Pasqualino
Avec Ferdinando Scianna, Giuseppe Tornatore, Gianni Berengo Gardin, Silvano Nigro, Dacia Maraini, Marco Belpoliti, Mimmo Paladino, Vincenzo Campo, Renata Colorni, Carlo Ottaviano, Nonuccio Di Quarto, Pupetta Lo Galbo, Tanina Visconti
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« Enfant, la Sicile me semblait être un lieu indéchiffrable, avec ses contradictions chaotiques. Trop de lumière, puis trop d’ombre. Difficile de prendre la mesure des choses, impossible de ne pas se sentir désorienté.
J’ai commencé à réfléchir au chaos qui m’entourait à travers les mots des écrivains siciliens, notamment Leonardo Sciascia. En parallèle, j’ai découvert les photos des grands photographes siciliens, en premier lieu celles de Scianna. Ce film est une manière de reconnaître le sens de cette influence, où se combinent, comme toujours avec la photographie, l’esprit, l’œil et le cœur. Il est rare de trouver un photographe qui ait exprimé avec autant d’intensité les tensions profondes de la photographie, comme l’a fait Ferdinando. Et qui se soit également raconté à travers l’écriture, en dialogue constant avec la grande littérature.
Ayant grandi dans une civilisation où le photographe était « celui qui tue les vivants et ressuscite les morts », Scianna appartient à la catégorie des photographes conteurs. En regardant son œuvre, on a l’impression de lire un grand roman d’où émergent les lieux, les visages et les voix du monde. Un roman qui célèbre la dignité et la contradiction humaine. Un roman construit sur la lumière, à partir de l’ombre. »
Roberto Andò